lundihebdo.com
Monday, May 2020
Now Reading:
CORONAVIRUS-NORD/KIVU : QUELS SONT LES PRODUITS ALIMENTAIRES EXONÉRÉS DES TAXES ?
Full Article 5 minutes read

CORONAVIRUS-NORD/KIVU : QUELS SONT LES PRODUITS ALIMENTAIRES EXONÉRÉS DES TAXES ?

Affiche allégorique sur le coronavirus. Photo droit tiers

Frédéric Feruzi

Le transport, la commercialisation et l’identification des produits alimentaires épargnés par les taxes durant la pandémie de Coronavirus restent sujet à caution à Goma. En effet, commerçants et consommateurs voudraient chacun en tirer meilleur parti, or les autorités voudraient uniquement prévenir des pénuries alimentaires et leurs conséquences en suspendant certaines taxes.

L’exonération de taxes porte sur les produits vivriers made in Nord-Kivu. Ils sont ceux destinés à l’approvisionnement de grandes agglomérations de la province et les marchés locaux, précise une note circulaire du ministère provincial de mines et finances. À côté, les produits alimentaires importés sont exonérés du paiement de la TVA, avait annoncé le gouvernement congolais, dans le contexte de l’annonce du Covid-19 en RDC.

Les produits agricoles de production locale en partance pour les autres provinces, les produits ligneux, les produits manufacturiers et les planches ne sont pas concernés par la mesure d’exonération provinciale, fait observer la circulaire.

Le document officiel prévient de même les abus de certains transporteurs qui seraient déjà observés sur certaines barrières de la province, à la suite de l’annonce de la suspension des taxes sur les produits agricoles.
La lettre circulaire est claire :’’L’interdiction d’exiger le paiement de taxes liées aux produits agricoles n’exonère pas les transporteurs des dits produits de leur devoir d’observer la réglementation en vigueur en matière de transports et de la sécurité routière’’.

Malgré tout, les prix restent en hausse sur les marchés

Photo se sensibilisation contre le Coronavirus. Photo droit tiers.

Cette situation s’explique plutôt par la loi de l’offre et de la demande, selon le président du comité Intermarché de Goma. Faustin Kambale dit :’’Nos sources de ravitaillement étaient le Rwanda, les territoires de Rutshuru et Masisi. Prenons le cas des haricots (produits vivriers à Goma), les cargaisons qui arrivaient des pays voisins ne sont plus fournies, comme avant la fermeture de frontières. Pour le moment, nous ne recevons que les haricots de Rutshuru et Masisi, or nous devons nourrir également Kinshasa et Bukavu. C’est donc impossible que les prix repartent à la baisse jusqu’au point initial’’. La demande est donc plus forte que les sources de l’offre.

Les consommateurs locaux voient leur situation en être impactée. Une jeune femme du quartier Katindo est ébahie devant les prix de poissons salés qui ont totalement changé en quelques semaines de pandémie, au marché central de Virunga. Aline (Nom d’emprunt) s’emporte :’’ Un tas de poissons salés que nous achetions à 15$ se vend aujourd’hui à 25$. Celui que nous payions à 20$ on nous le vend à 40$. Les poissons fumés que nous achetions à 6000 FC est aujourd’hui à 8000 FC. Nous ne savons plus nous approvisionner face à ces prix’’.

Cette femme éprouve de difficultés à s’offrir du poisson sur l’un des stands que les agents de la commission mise en place par la mairie pour suivre les prix, vient de contrôler. Les vendeuses leur ont dit que les prix n’ont pas changé. Ils sont restés à leur état initial. Faux rétorque Aline qui déclare:’’ Les vendeuses feignent d’avoir gardé les prix initiaux quand les contrôleurs arrivent. Mais quand nous les acheteurs on arrive, on nous vend à des prix très hauts!’’. Elle suggère qu’un numéro vert soit mis en place pour permettre aux victimes d’alerter les autorités.

Sur place, quand nous interrogeons l’une de vendeuses sur leur raison de hausser les prix, elle nous répond :’’Nous n’avons haussé que d’un dollars. Nous ne pouvons pas garder les prix à leur état initial car nous ne nous réapprovisionnons plus facilement comme avant.’’

Que faire pour garder les prix au niveau abordable ?

Photo se sensibilisation contre le Coronavirus. Photo droit tiers.

‘’Il n’y a pas de structure de prix’’, dénonce Claude Rugo, qui voit là une source du problème des prix à Goma. Le président de la société civile de Ndosho, quartier pauvre et populaire de l’Ouest de Goma explique :’’Chacun est en train de se réveiller avec un prix, chose qui n’est pas bonne. Je suis vendeur de braises, je me réveille ayant mon prix. Je suis vendeur de farine, je me réveille ayant mon prix. Je suis vendeur de tel je me réveille ayant mon prix. Nous on considère ça comme un désordre.’’

Claude Rugo qui souhaite une structuration des prix invite les autorités à s’imposer pour remettre les commerçants à l’ordre. Il propose que cela commence au niveau des grossistes et des transporteurs des vivres qui haussent leurs prix, sans cause réelle. Pour lui ce sont eux qui influencent la situation des prix depuis la déclaration du Coronavirus.

Pour le président du comité Intermarché, Faustin Kambale, les autorités ne doivent pas seulement interpeller les grossistes mais encore elles doivent faciliter les mouvements de commerçants. Ils ont des difficultés depuis que l’isolement de principales villes de la province a été décrété. Faustin Kambale explique :’’Nos vendeurs et vendeuses qui vont se ravitailler passent difficilement aux barrières. Ceux qui contrôlent les barrières les confondent aux voyageurs qui tentent de violer la mesure de l’isolement. Nos commerçants disent qu’ils n’éprouvent de difficulté au retour c’est quand ils vont à l’intérieur qu’on les bloque !’’.

Le président du comité Intermarché souhaite que le gouverneur s’implique pour faire alléger la situation aux commerçants qui vont se réapprovisionner. Il craint des pénuries dans les marchés si les blocages se maintiennent.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Input your search keywords and press Enter.