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COVID-19/GOMA : UNE MÈRE DE CINQ ENFANTS CHASSÉE DE SON FOYER POUR MALPROPRETÉ
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COVID-19/GOMA : UNE MÈRE DE CINQ ENFANTS CHASSÉE DE SON FOYER POUR MALPROPRETÉ

Par Frédéric Feruzi

Il s’agit de l’une de nombreuses conséquences collatérales de la mesure de confinement progressif décrétée par les autorités congolaises pour maitriser une épidémie qui fait enregistrer plusieurs nouveaux cas au quotidien en RDC.

Pour la petite histoire, le mari travaille à Masisi, chef-lieu du territoire du même nom, situé à 80 Km, à l’ouest de la ville de Goma. Cette ville de l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) est le chef-lieu de la province du Nord-Kivu.

La famille de ce père de 5 enfants habite à Goma. Il ne venait la rendre visite qu’occasionnellement pour un temps bref. L’homme a toutefois décidé de retrouver sa famille pour y passer les deux semaines d’isolement total de trois villes du Nord-Kivu dont Goma. La mesure prise par les autorités provinciales est entrée en vigueur le 6 avril, pour aider à limiter la propagation du coronavirus qui venait d’enregistrer 5 cas, dont 3 à Goma. Pour le moment, le Nord-Kivu compte 7 cas de coronavirus.

L’ONG des droits de femmes, ‘’Sauti ya Mama Mkongomani’’ qui rapporte le fait, explique que c’est durant ce séjour en famille que l’homme a découvert que son épouse était une femme malpropre. Les disputes ont alors commencé jusqu’à ce que le mari ait mis son épouse à la porte.
Sauti ya Mama Mkongomani affirme que plusieurs cas de VSBG ont lieu à Goma et en province. Les mesures de restriction prises par les autorités n’ont pas permis au monitoring de poursuivre leur collecte.

Situation dans le pays

Kinshasa, la capitale de la RDC, serait le plus concerné par les cas de violences domestiques. La ville qui est à plus de 800 cas de coronavirus voit de plus en plus les mouvements de ses habitants limités. Du 6 au 20 avril, un confinement total a été observé à la Gombe, la commune politico-administrative de Kinshasa, épicentre du COVID-19 dans la capitale.
La limitation de mouvements donne désormais lieu à des abus sexuels sur des mineures et des violences de toutes sortes sur les femmes.

Particulièrement impliquée dans la lutte contre les violences faites aux femmes, la première dame de la RDC a fait ce constat relayé par Actualité.cd :’’Le domicile est devenu pour certaines femmes un lieu de violence : une double peine pour nos héroïnes qui font également face au COVID-19’’. Denise Nyakeru a publié ces derniers jours un certain nombre de tweets pour faire observer que les violences faites aux femmes ont considérablement augmenté en période de confinement.

La première dame qui reconnait que la plupart des cas de violences domestiques contre les femmes ne sont pas rapportés, mobilise la communauté à les combattre. ‘’Malheureusement, beaucoup de cas de violences restent dans l’anonymat. Rompons le silence pour mettre fin à ces atrocités que nous en soyons victimes ou témoin.’’, a déclaré la première dame de la RDC.

La présidente de la commission de droits de l’homme, à l’assemblée nationale de la RDC, s’intéresse à son niveau aux violences faites aux enfants, devenues de plus en plus nombreuses durant la pandémie de coronavirus. Dans une déclaration à Actualité.cd, Cristelle Vuanga a fait savoir qu’elle suivait elle-même 4 cas à Kinshasa. ‘’Nous avons noté une nette augmentation des cas de viols à Kinshasa, souvent des viols sont commis sur les enfants entre 10 et 15 ans et ça se passe soit dans les milieux familiaux, c’est-à-dire commis par les oncles, les cousins. Dans les milieux communautaires, c’est-à-dire dans les parcelles, les voisins qui violent les enfants de leurs voisins, comme le cas que nous avons enregistré aujourd’hui, une fillette de 13 ans, qui a été violée par un voisin de 45 ans dans la douche commune de la parcelle’’.

La députée invite la justice congolaise à plus d’équité et de célérité dans le traitement des plaintes. En rapport avec les violences faites aux femmes en période de coronavirus, l’agence des nations-unies chargée de la santé sexuelle et reproductive (UNFPA) estime que 31 millions de cas supplémentaires de violences familiales seraient à déplorer dans le monde si le confinement se poursuivait encore six mois.

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