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COVID-19/GRANDS-LACS : L’ONU VA INTENSIFIER LA COMMUNICATION POUR BARRER LA ROUTE AUX VSBG EN HAUSSE DANS LA RÉGION
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COVID-19/GRANDS-LACS : L’ONU VA INTENSIFIER LA COMMUNICATION POUR BARRER LA ROUTE AUX VSBG EN HAUSSE DANS LA RÉGION

Par Frédéric Feruzi

Cette annonce est issue d’une réunion par vidéoconférence, organisée le 12 mai, à Nairobi, au Kenya, à l’initiative du conseil consultatif ‘Femmes, Paix et Sécurité’ du bureau du représentant spécial du secrétaire général de l’Onu dans la région.

Le conseil consultatif ‘Femmes, Paix et Sécurité’ est composé d’éminentes personnalités féminines de la région de grands-lacs. Elles font partie du panel des femmes sages de l’Union africaine, de la conférence internationale sur la région de grands-lacs (CIRGL), de l’Onufemmes, des gouvernements et des organisations de la société civile (OSC).

Leur réunion du 12 mai, à Nairobi, s’est déroulée sous les auspices de M. Huang Xia, qui est le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu dans la région des grands-lacs. Les participants ont abordé la question de l’impact de la pandémie de la Covid-19 sur les femmes et les filles.

Dans bon nombre des pays de la région, la situation des femmes est loin d’être reluisante durant cette pandémie, surtout à chaque fois que les autorités doivent recourir au confinement pour maitriser la propagation du coronavirus. Les restrictions gouvernementales entament de même la situation économique des femmes. En un mot, les différentes facettes des VSBG sont vécues pendant cette situation de pandémie.

Pour le représentant spécial du secrétaire général dans les grands-lacs, M. Huang Xia, les efforts doivent être redoublés pour susciter des actions de plaidoyer aux niveaux local, national et régional, en vue de faire front commun pour la prévention de VSBG et la protection de victimes. Mais encore, le plaidoyer doit mener à des solutions aux mutations entrainées par la Covid-19 au niveau socio-économique. Ces mutations doivent être prises en compte parmi les priorités des États de la région, souhaite le haut-fonctionnaire de l’Onu.

La communication à faire pour changer la courbe des VSBG

Les violences contre les femmes et les filles sont bel et bien en augmentation, quoi qu’il n’y ait pas pour le moment de chiffres officiels pour chaque pays. Pour rassembler ces données, une étude sera organisée dans la région par le conseil consultatif ‘Femmes, Paix et Sécurité’.

Des informations qui remontent jusqu’ici au conseil à partir des réseaux des femmes, des organisations de la société civile et des médias, il s’est avéré que les VSBG se commettent notamment dans les cadres familiaux où de surcroit, les victimes et leurs bourreaux sont condamnés de cohabiter en raison des restrictions liées à la Covid-19 et de l’absence des structures pour accueillir les victimes, regrette l’ambassadrice Éliane Berte Mokodopo, directrice du programme genre, femmes et enfant au secrétariat exécutif de la CIRGL.

C’est donc notamment au niveau communautaire que va se passer ladite communication, ont décidé les participants à la réunion de Nairobi. ’’De tout temps, les femmes et les filles ont toujours constitué le groupe le plus exposé et le plus vulnérable face à la maladie et aux violences de tout genre. À cause du confinement, il a été relevé notamment des violences domestiques caractérisées par des violences physiques, des viols, des incestes et des abus sexuels dont les femmes et les filles sont les premières victimes’’, a déclaré l’ambassadrice.

Les membres du conseil consultatif ‘Femmes, Paix et Sécurité’ vont diffuser dans les communautés les informations sur la Covid-19 et les sensibiliser à la lutte contre les violences domestiques et les VSBG (Violences Sexuelles et Basées sur le Genre).

Stratégies au niveau institutionnel

Le conseil consultatif organise la réponse contre la flambée des VSBG touchant les femmes durant cette pandémie, mais il reste conscient du rôle important que les décideurs aux niveaux gouvernementaux et régional peuvent jouer.

Il envisage par conséquent faire intégrer le genre dans les plans de riposte contre le coronavirus aux niveaux nationaux et régional, revitaliser les forums régionaux des femmes et des jeunes et accroitre le rôle des ministres du genre de la région dans leurs efforts pour amoindrir l’impact de la pandémie sur les femmes. Une réunion de ces ministres est prochainement prévue pour qu’ils associent leurs forces aux instituions de sorte à contribuer à intensifier le plaidoyer pour une réponse urgente aux besoins immédiats de santé. L’objectif final sera de soulager le fardeau de la pandémie sur les femmes et atténuer son impact socio-économique sur les femmes.

Ce dernier aspect, l’impact socio-économique, risque à son tour d’être fatal pour les femmes, laisse entendre l’ambassadrice Éliane Berte Mokodopo. La plupart des femmes qui vivent de l’économie informelle ont en effet vu leur pouvoir économique s’effondrer, en raison des restrictions improvisées par la Covid-19. Les restrictions ont fermé les commerces transfrontaliers et d’autres petits métiers grâce auxquels les femmes gagnaient leur survie et celle de leurs familles. Pour l’ambassadrice, il faudra réfléchir sur la mise en œuvre des programmes de réinsertion socio-économique spécifique en faveur des femmes et des jeunes, mais aussi des communautés de base et de groupes vulnérables à la suite de la pandémie, pour améliorer leur résilience.

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