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Thursday, October 2020
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GOMA : LE DIRECAB DU GOUVERNEUR REÇOIT LE MEMO DES ENSEIGNANTS ET PROMET UNE SOLUTION
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GOMA : LE DIRECAB DU GOUVERNEUR REÇOIT LE MEMO DES ENSEIGNANTS ET PROMET UNE SOLUTION

Par Frédéric Feruzi

Le mémorandum remis ce 14 octobre par les enseignants a sanctionné leur marche d’environ une dizaine de Kilomètres, annoncée samedi, à l’issue d’une assemblée générale, à Goma.

 Le document reprend les trois principales revendications qui mobilisent les enseignants depuis deux semaines, dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, notamment. En tête d’une cohorte d’au moins une centaine d’enseignants, d’un ton fort et ferme, Innocent Shamavu les lit, en bas du mémorandum : ‘’Primo, le paiement sans condition et sans délai des NI (Non-immatriculés) et NP (Non-payés), des personnes d’appoint dans des écoles publiques budgétisées et non budgétisées par le gouvernement provincial en attendant la régularisation de leur situation au niveau national. Secundo, la précision de l’opinion par la voie des ondes sur le mensonge à propos du salaire qu’a perçu un enseignant pour le mois de septembre et d’octobre 2019, c’est 175$ au lieu de 245$.Tertio, la plaidoirie au près des autorités de la république pour la suppression des zones salariales récemment crées par le nouveau ministre de l’EPSP.’’

Quand il finit d’écouter silencieusement la lecture du memo, Jean-Paul Maregani, le directeur de cabinet du gouverneur prend la parole et répond :’’ 500 enseignants sur la rue, c’est 5000 élèves qui restent à la maison. Je crois aussi que les enseignants sont conscients de l’appropriation de la question par les autorités tant provinciales que nationales. Mais encore une fois, au nom du gouverneur qui m’a délégué ici, je vous dis qu’une approche objective et globale sera consacrée à la question.’’

Pendant que les enseignants scandaient des chansons hostiles au gouvernement et les victimisant dans une société qu’ils présentent comme inégalitaire, quelques parents attirés par leurs cris et leurs longues files, se sont mis à critiquer ouvertement leur grève. Une femme s’écrie :’’Qu’ils patientent en classe le délai fixé par le gouvernement pour être payés. Qu’ils enseignent nos enfants!’’. Un homme à côté l’appuie :’’Nous les parents nous ne soutenons pas cette grève des enseignants. Qu’ils attendent que le président organise les choses pour qu’ils perçoivent leurs salaires au temps opportun. S’ils poursuivent leur mobilisation, cela veut dire qu’ils veulent signifier que nous les parents on est mauvais, or ce sont eux qui nous tracassent.’’, plus loin, un autre homme s’exprime :’’Les enseignants doivent croire le président de la république. Il ne peut pas dire les choses en vain, car il n’est plus en campagne mais il gère la magistrature suprême. Que les enseignants le laissent arranger le cas des NP, NI et des écoles, dans les trois prochaines semaines. Ce n’est pas qu’on le promette aujourd’hui et aujourd’hui même on réalise !’’.

A moins d’un mètre de l’endroit où les enseignants étaient regroupés,  étaient rassemblés quelques dizaines d’élèves, en uniforme bleu et blanc, munis, eux aussi, des affiches réclamant leur droit à l’éducation. Ils ont précédé les enseignants, ce lundi matin, devant le cabinet du gouverneur. Vivianne qui est en 8ème année déclare :’’Nous nous retrouvons devant le gouvernorat parce que les enseignants nous volent notre droit. Nous, on ne connait pas pourquoi les enseignants ne nous enseignent pas, nous, nous sommes victimes.’’, Pascal qui étudie en 5ème année sociale ajoute :’’Nous, on  a droit à l’éducation mais voici deux semaines que nous n’étudions pas. On ne sait pas ce qui se passe réellement !’’

Sur le plan social, un certain conflit se vit, depuis le début de la grève des enseignants, entre ceux-ci et les parents. Ces derniers accusent les enseignants d’être trop exigeants du gouvernement et de chercher à tout prix que les parents continuent de les prendre en charge. De leur part, les enseignants s’inquiètent que les parents ne les soutiennent pas dans leur mobilisation qu’ils pensent pouvoir leur profiter également. Dans leur mémo, les enseignants disent soutenir la gratuité de l’enseignement et affirment ne plus pouvoir accepter la prise en charge de parents.

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