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Saturday, October 2020
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GOMA : LES PETITS COMMERÇANTS TRANSFRONTALIERS PRIORITÉ DU 2ème VACCIN CONTRE EBOLA
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GOMA : LES PETITS COMMERÇANTS TRANSFRONTALIERS PRIORITÉ DU 2ème VACCIN CONTRE EBOLA

Par Frédéric Feruzi

Ils sont 64 000 à faire les navettes à la petite barrière Congolo-Rwandaise chaque jour, fait savoir le docteur Muyembe. Ce trafic est susceptible de propager le virus dans la région en cas de persistance  de l’épidémie.

Le docteur Jean-Jacques Muyembe a fait cette annonce lorsqu’il présentait officiellement le 2ème vaccin, lundi 7 octobre, à Goma. Dénommé Johnson&Johnson, ce vaccin sera servi en novembre prochain, à un grand nombre des bénéficiaires, contrairement au premier vaccin, R-VSV, qui avait pour approche, la vaccination en ceinture, càd limitée aux victimes d’Ebola, leurs contacts et au personnel médical et humanitaire. L’autre avantage avec ce deuxième vaccin, selon le secrétaire technique de la riposte, le professeur  Muyembe, c’est qu’il protège contre toutes les souches d’Ebola : Souche Zaïre, souche Bundibujo et souche Soudan. R-VSV est efficace uniquement dans une épidémie causée par la souche Zaïre.

Origine de Johnson&Johnson

Ce nouveau vaccin est la production d’une coopération belgo-américaine, explique le docteur Muyembe. Johnson&Johnson a été préféré par la riposte congolaise sur les vaccins russe et américain qui proposaient tous trois un marché à la RDC, dans le cadre de la lutte contre la présente l’épidémie.

Selon le secrétaire technique de la riposte, le choix congolais a été porté sur le vaccin Johnson&Johnson pour les raisons suivantes : il a plus de données biologiques dans le laboratoire et il est déjà expérimenté en Afrique de l’Ouest et dans d’autres pays du continent dont l’Ouganda et le Rwanda.

La riposte congolaise a bien pris le soin d’étudier ce vaccin, à travers le partenariat de la London School, MSF et les autres, fait savoir le professeur Muyembe.  

Cible du 2ème Vaccin

Il faut noter d’abord que le 2ème vaccin, Johnson&Johnson vient en complément du 1èr vaccin R-VSV. Il ne le remplace pas, mais il permet d’atteindre plus de monde, de par sa quantité importante, également, selon le docteur. Aussi, les deux vaccins demeurent en phase expérimentale, l’une des raisons de ne pas les administrer aux masses.

Toutefois, parmi ces masses, les personnes ciblées sont celles à risque de propager le virus car malgré sa baisse depuis ces dernières semaines, l’épidémie demeure avec toujours la probabilité de se répandre davantage. Pour la ville de Goma, le secrétariat technique de la riposte envisage de vacciner les petits commerçants transfrontaliers. Ainsi, il limite la probabilité de propagation d’Ebola au Rwanda mais encore il répond à l’initiative de ce voisin du Congo qui a annoncé la vaccination de ses petits commerçants qui viennent au Congo. Les aires de santé de Majengo et Kahembe, à la frontière avec le Rwanda,  seront pilotes dans l’introduction du deuxième vaccin à Goma.

A la même occasion, le docteur Muyembe a dénoncé l’attitude du Rwanda qui refuserait aux voyageurs congolais de traverser sur son territoire sans preuve de vaccination contre Ebola. Cela contrevient aux accords que le Rwanda se conterait de signer sans pouvoir respecter ses engagements, selon le docteur Muyembe. Il estime qu’en matière de santé, c’est l’OMS qui décide de la limitation des mouvements et autres choses, en cas d’épidémie, et non les Etats.


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