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Thursday, July 2020
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Goma : La proclamation se fait sur des duplicatas faute des bulletins conformes
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Goma : La proclamation se fait sur des duplicatas faute des bulletins conformes

Les bulletins imprimés cette année par le ministère de l’EPSP comportaient plusieurs erreurs. Ils ont, par conséquent, été contestés par les parents et les enseignants des écoles conventionnées, notamment.

Par Frédéric Feruzi

Deux semaines avant la proclamation des résultats scolaires, fixée officiellement au 2 juillet, la coordination des associations des parents du Nord-Kivu, a sorti un communiqué pour exprimer son indignation devant les erreurs produites sur les bulletins servis aux écoles. Un paragraphe y explique : « les bulletins imprimés à Kinshasa sont jugés incompatibles avec le canevas du carnet de cotation mis à la portée des enseignants. Ce qui cause grognes et remous dans les chefs de tous les partenaires éducatifs, entre autres : les enseignants, les chefs d’établissements et les gestionnaires. »

Les anomalies

Les anomalies qui inquiètent parents et enseignants concernent autant les écoliers que les élèves, et sont nombreuses. Elles sont d’ordre formel que fondamental car, on trouve à coté des fautes d’orthographe, des modifications non-négligeables sur les bulletins, lesquelles erreurs déroutent les enseignants quand ils essaient de les compléter. A titre d’exemple, sur le bulletin du primaire, on inscrit  »Formes géographiques à la place de Formes géométriques »

Ce bulletin est en plus subdivisé en premier et deuxième semestre comme au secondaire, en lieu et place de trimestre. Les langues congolaises ont 4 rubriques cotées dans les carnets de cotation pendant que ce nouveau bulletin cote seulement 3 rubriques. Les sciences d’éveil et la technologie associées aux mathématiques dont 7 rubriques sont cotées sur 100 points dans le cahier de cotation pendant que sur ce bulletin, il n’y a que 4 rubriques qui sont cotées seulement sur 50 points. ‘Du coup, il devient incompatible à tous égards avec le cahier de cotation de l’enseignant’, fait observer le communiquer.

Pour ce qui est du bulletin du secondaire, si ceux des sections littéraires, vétérinaires, coupe-couture, biologie, chimie, agronomie, foresterie, construction, commerciale de gestion, commerciale administrative et électricité étaient normaux, les autres comportaient des erreurs. En pédagogie générale, le bulletin de 4ème imprimé cette année omettait les cours de chimie et des langues nationales. Les cours d’écriture et travaux manuels sont cotés sur 40 points alors qu’ils sont ordinairement cotés sur 2O points. En 5ème Humanités Techniques Sociales, voici la réalité du bulletin : 5 cours de 40 points sont cotés sur 20 points (Anglais, Ecopol, Hygiène, Psycho-sociale et Sogen). Aussi, 2 cours sont combinés, les techniques d’enquête et les statistiques. Pourtant, le cours de techniques est coté sur 40 points et celui des statistiques 20 points. Le communiqué des parents cite des anomalies que si nous devrions tout reprendre, elles feraient à elles seules un article à part.

Ces erreurs, reconnues par l’inspection provinciale de l’éducation et la sous-division provinciale de l’enseignement primaire secondaire et professionnel, ont été différemment commentées par les responsables de ces bureaux. Pour l’inspecteur principal provincial de l’EPSP, auprès de qui nous avons essayé en vain d’obtenir une interview sur la question de bulletins erronés, « ces bulletins n’ont pas de problème, ils sont consommables » nous a-t-il lancé en marge du lancement des examens d’Etat, à l’école Tshipuko, le 24 juin 2019. Une autre réponse nous a été fournie par David Rukate, directeur provincial de l’EPSP: »ces erreurs-là, on a corrigé, on n’en a parlé avec les gestionnaires (d’écoles). Il n’ya pas de problème à ce niveau-là. »

La non-observance des normes éthiques à l’origine des bulletins erroné ?

C’est ce croit la société civile. Pour elle, ces graves erreurs qui apparaissent sur les bulletins n’en sont pas moins une légèreté. Syndicaliste dans les écoles catholiques, Ponchelin Byamumonyi qui appuie les parents dans leur dénonciation, déclare: « Nous exigeons en ce 21ème siècle un travail de qualité, au près de nos enfants, nous voulons une éducation de qualité. Par conséquent, il faudrait aussi des documents, en particulier des bulletins de qualité. »

Les autorités ont intérêt à veiller sur la qualité des bulletins car cela va de l’image même du pays, selon Julienne Kasilamu, présidente de l’observatoire indépendant de l’éducation à Goma. Son indignation est grande: » Ce n’est pas tolérable…imaginez-vous un enfant qui se promène avec un bulletin là où c’est écrit ‘formes géographiques au lieu de formes géométriques’, et s’il va par exemple dans un pays, on va traiter notre pays de quel pays, là où il y’a des fautes d’orthographes sur les bulletins? »

Le 2 juillet dernier, une altercation a éclaté dans une école du quartier Lac-Vert en raison de l’absence des bulletins conformes. Les quelques duplicatas détenus par les responsables de l’école n’avaient pas suffi pour proclamer tous les élèves, avait rapporté, le lendemain, le chef du quartier Lac-vert, dans le sud-ouest de Goma.

Imprimer les bulletins à Goma pour résoudre le problème

Cette proposition est inscrite dans le communiqué de parents dénonçant les bulletins erronés. Dans leurs décisions pour rejeter ces bulletins, ils ont annoncé un plaidoyer pour la remise de l’impression des bulletins au niveau local. Pour Julienne Kasilamu qui demande l’implication du gouverneur, l’impression des bulletins à Goma, sous l’œil des responsables de l’éducation, permettrait de prévenir ces erreurs qui se reproduisent sur les bulletins pour la deuxième année consécutive. Selon une source dans le secteur de l’éducation, ces bulletins sont imprimés par le gouvernement congolais en Chine, ce qui ferait qu’elles comportent autant d’erreurs.

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