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Tuesday, July 2020
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GOMA : RADICALISATION DE LA GREVE DES ENSEIGNANTS ; LE SYNEP CRAINT UNE ANNEE BLANCHE
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GOMA : RADICALISATION DE LA GREVE DES ENSEIGNANTS ; LE SYNEP CRAINT UNE ANNEE BLANCHE

Par Frederic Feruzi

A l’issue d’une Assemblée Générale, à laquelle ont participé des enseignants de diverses tendances, ce samedi à Goma, les syndicats ont annoncé une marche pour le lundi 14 octobre, afin d’ attirer, à un autre degré, l’attention des autorités sur leurs revendications.

Cette annonce porte à un autre niveau le mouvement de grève déclenché par les enseignants de Goma, depuis le 2 octobre dernier. L’assemblée de ce samedi intervient 4 jours, après celle que les enseignants ont organisée à Goma mardi, avec toujours les mêmes réclamations: la prise en compte des Non-payés et des Non-immatriculés lors des paies et l’amélioration des conditions des enseignants congolais en général.

La radicalisation de la grève n’est pas toutefois vue d’un bon œil du côté des syndicalistes. S’ils sont d’accord avec l’initiative des enseignants de revendiquer leurs droits, ils estiment que ça devrait se passer par un dialogue, tout en donnant cours.

La crainte des syndicalistes réside notamment dans le retard pris sur le calendrier scolaire que les enseignants ont, selon l’expérience, beaucoup de difficultés à rattraper, explique Patient Rafiki, responsable du Syndicat National des Ecoles Protestantes au Nord-Kivu. Il explique :’’Si l’on dit qu’on va récupérer la période des vacances (décembre) ; et les élèves et les enseignants sont pendant ce temps-là, toujours pressés, moins concentrés car ils savent que le moment n’est pas approprié, ils devraient être en détente.’’ Pour ce syndicaliste, ces conditions d’apprentissage entament la qualité des enseignants.

Patient Rafiki pense que là où ce retard devient plus menaçant c’est quand il expose à une année blanche dans le cas où le mouvement de grève se poursuivait longtemps. Il s’explique : ‘’il y a des normes observables parce que lorsqu’on fait pratiquement un mois, deux mois, trois mois, on risque de déclarer, par rapport à notre milieu, une année blanche. Parce qu’il y’a le nombre des jours ouvrables qui doivent être respectés pour qu’une année soit déclarée terminée. Et lorsqu’on n’a pas atteint 70, 80% de nombres des jours ouvrables, directement l’année est déclarée ‘année blanche.’’

Le syndicaliste invite non seulement les enseignants à réfléchir dans ce sens mais encore les autorités à résoudre les problèmes des enseignants : ‘’Nous appelons le gouvernement à s’impliquer d’urgence dans ce problème pour que l’enseignant recouvre ses droits et qu’il continue de donner cours. Nous insistons également sur le cas des enseignants non-payés (NP) et non-immatriculés (NI) qui continue de se poser surtout dans les écoles secondaires. Là-bas, on se sait pas qui va payer les NP et les NI or il y’a là-dessus beaucoup de promesses, mais que les enseignants ne croient pas également.’’

Selon leurs communiqué, la marche de lundi à Goma va partir du rond-point Instigo, carrefour de la ville, avant d’aboutir au gouvernorat du Nord-Kivu, où les enseignants pourraient déposer un mémorandum.

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