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VERDICT DU PROCÈS DES 100 JOURS : VOICI LES LOURDES PEINES PRONONCÉES PAR LE TRIBUNAL CONTRE KAMERHE ET SES CO-ACCUSÉS
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VERDICT DU PROCÈS DES 100 JOURS : VOICI LES LOURDES PEINES PRONONCÉES PAR LE TRIBUNAL CONTRE KAMERHE ET SES CO-ACCUSÉS

Par Frédéric Feruzi

Le tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe qui siégeait en chambre foraine à la prison centrale de Makala a, dans un élan de liberté vis-à-vis de la cour constitutionnelle, rendu ce 20 juin le verdict du procès historique des programmes de 100 jours du chef de l’État congolais. La cour a souhaité en vain, le 18 juin, le transfert du dossier a sa compétence, pour examiner l’exception d’inconstitutionnalité soulevée par les avocats de Vital Kamerhe.

Les sentences prononcées par le tribunal semblent confirmer les peines que le ministère public avait a requis contre les prévenus, à la fermeture des audiences le 11 juin 2020.

L’attente de ce verdict a été dans tous les débats ces derniers jours dans le pays. Certains s’étaient même permis des pronostics sur le sort de Vital Kamerhe, notamment. Personne n’est arrivé curieusement à imaginer exactement ce qui était dans la tête du juge. Sur les réseaux sociaux et au coin de la rue, les peines variaient entre 2 et 10 ans contre le désormais ex-directeur de cabinet du chef de l’État. Quelques-uns voyaient même venir son acquittement, car pour eux, aucun témoin à charge ni le ministère public n’est parvenu à démontrer noir sur blanc la culpabilité de Vital Kamerhe dans le détournement des fonds alloués aux programmes d’urgence de 100 jours du président Félix Tshisekedi, amorcés en mars 2019.

Le verdict de ce 20 juin déjoue donc tous les pronostics et annonce ce qu’il convient d’appeler la fin de la carrière politique de Vital Kamerhe en RDC. Le tribunal a décidé d’ignorer le dernier rempart sur lequel les avocats du président de l’UNC ont tenté de s’appuyer pour repêcher leur client : l’exception d’inconstitutionnalité. Le TGI/Gombe a rejeté cette option que la cour constitutionnelle a voulu examiner, une fois saisie le 17 juin par les avocats de Vital Kamerhe.

Le verdict

À côté de Vital Kamerhe, la justice poursuivait Samih Jamal, responsable de Samibo Sarl, la société de l’immobilier qui a conclu un marché de gré-à-gré avec le directeur de cabinet du chef de l’État pour construire des maisons préfabriquées, en faveur des militaires dans 5 provinces de la RDC. Chef de division import et export de la présidence, Muhima Ndoole était également dans le box des accusés.

Ensemble, les trois prévenus étaient entre autres devant la barre pour détournement, corruption et blanchissement des capitaux. Quoiqu’ils aient tous plaidé non-coupables, la justice n’a épargné aucun ! Le tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe a condamné Vital Kamerhe et Samih Jamal à 20 ans de travaux forcés pour infraction de détournement de 48 millions, avec pour Kamerhe l’interdiction durant 10 ans des droits politiques, droits de vote et droit d’éligibilité, sans compter la confiscation de tous les fonds se trouvant sur les comptes bancaires et biens acquis avec les fonds détournés. Le patron de Samibo va de même payer un remboursement de 150 millions de dollars à titre de dommages et intérêts. Après avoir purgé sa peine, Samih Jamal devra aussi définitivement quitté le sol congolais.

Pour ce qui le concerne, Muhima Ndoole a été condamné à 2 ans de travaux forcés pour détournement de 1 million 154 mille dollars américains. Il est tenu de même de payer 150 millions de dollars comme dommages été intérêts.
Les avocats de Samih Jamal non satisfaits annoncent qu’ils feront appel de ce verdict. Ils accusent les juges d’avoir emprunté des raccourcis pour se débarrasser du dossier, à en croire un papier de dernière minute d’Actualité.cd.

Genèse de l’affaire et premières réactions au verdict

L’affaire est partie de l’interpellation du directeur de cabinet du chef de l’État le 8 avril à Kinshasa, au tribunal de paix de Kinshasa/Matete, qui enquêtait depuis début janvier sur des soupçons de détournements dans l’exécution des travaux du programme des 100 jours. Après Samih Jamal qui aurait cité Vital Kamerhe, ce dernier est arrêté le 8 avril et transféré à la prison centrale de Kinshasa, après 5 heures d’interrogatoire. La justice parle alors de forts indices de culpabilité sur le directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi.

Un peu plus d’un mois après, soit le 11 mai, le premier procès a lieu. Ce procès et le verdict auquel il aboutit ce 20 juin révèle des graves dysfonctionnements au sein du cabinet du chef de l’État, note l’ONG de droits de l’homme (ACAJ), relayé par Actualité.cd.
À Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu, la réaction des pro-Kamerhe s’est immédiatement faite sur la rue. Ils ont voulu exprimer leur colère mais la police a tiré à coups de gaz lacrymogène pour les disperser. Depuis l’arrestation de Vital Kamerhe, la province du Sud-Kivu s’est montrée particulièrement mobilisée à travers des marches et des journées villes mortes pour réclamer sans l’obtenir la libération de Vital Kamerhe. Depuis sa cellule, celui-ci avait fini par les calmer, les appelant à patienter le verdict de la justice qui devrait constater son innocence dans cette affaire, selon lui.

Pour le gouverneur Théo Ngwabidje, le verdict du procès de vital Kamerhe et co-accusés ne doit pas constituer un facteur de division.

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